Jeudi 19 juillet 2007

 Je suis encore ébahi de ce virage des concepts qui s’opère au royaume. Je veux bien avoir tort, mais ce n’en est pas ce qui s’annonce sur la Une, la seule au fait.

Sur cette chaîne fut invité un « chanteur », un rappeur pour être plus clair. Sa dénomination varie entre deux termes : Elkhasser et Big. À propos Les deux appellations lui vont justement ; il n’est pas vraiment slim, et ce qu’il chante est tellement avarié.

 

Ceux qui écoutent ce genre de « musikh » sont en plein droit de me contredire en disant qu’il s’agit simplement d’un changement évolutif du produit artistique local. Elkhasser (le pourri) lui-même s’est expliqué qu’il ne fait que dire en sa langue maternelle ce qu’il vit, chose que l’on ne peut d’ailleurs contester : le gars semble être en étroits liens avec une réalité pourrie!

Selon lui, l’arabe classique, et même marocain adapté comme celui qui fait les inoubliables d’ Elhiani, de Samih, de Belkhiyat et confrères, ne mérite pas d’être chanté : il a levé ironiquement les mains et ballotté sa tête en signe qu’il trouve du mal à interpréter ces textes, qu’il n’y a pas plus simple et meilleur que le dialecte marocain pour véhiculer les réalités marocaines et qu’il faut simplement accepter d’entendre en famille les traductions locales de prostituée, de pédé, de l’acte sexuel et consort. Je l’aime bien celui-là : les deux tiers de ses propos étaient exprimés en français), il y annonce même avoir commencé de chanter en Anglais, d’où il a du piqué les réalités au lieu de la nature du rapport qu’elles devaient avoir avec l’art.

Ah peut-être j’ai tort ! Ces chansons sont toutes en arabe, enfin, les mots qui échappent de sa bouche le sont. Et les outils « akhtistiques » -fabrication par net- qu’il programme, s’il ne pique pas, servent diablement le registre incestueux. Quel art, Aristote refusait à l’art les fades copies du réel, qu’en aurait-t-il dit des versions pourries ?

Je n’ai pas eu de mal à comprendre pourquoi la Unique avait réservé ce samedi la pour ce genre, Alaoula Showha était la bonne (pas vraiment avec l’arabe d’un Noureddine Kram qui dansait plus qu’il présentait) : on y a invité un grand Omar Esseyyed pour attester du bon sens de l’art en question, il a même fait d’Elkhasser son fils, et que ces groupe de … lui rappellent les  débuts des Ghiwanes.

Que la Unique change en Société ne l’éloigne point des volontés politiques en exercice, bien comme en était victime l'art de Ghoulame et son groupe. Elkhasser avait animé auparavant le sommet national du parti d’Elyazghi, a-t-on répandu. Inutile de juger les tendances artistiques du « millitant », qu’elles sont peut-être saines et sauves : Les votes de 18 ans répondent fructueusement à ce genre de programme. Sous réserve que l’en on a besoin  et que rien n’est encore établi. Même si, ils applaudiront toujours. Ah si j’ai tort !                                                                                                              S.ATLAS.

   

 

par Saïd ATLAS publié dans : Essais
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Samedi 14 juillet 2007

Quelques collègues et moi étions encore en discussion dans les ultimes secondes du poste. Nous parlions de Larbi, ou Ba Larbi: notre vétéran qui essure, symboliquement, son dernier poste de sa carrière. Assis entre les cadeaux que l’on lui eut faits ce matin exceptionnel, que certains responsables lui avaient passé sous les flashs, il nous écoutait sans pouvoir cacher ses émotions confuses ou il affluait sans cesse. Pour lui éloigner ses soucis de sa future utilité, nous lui jetions quelques félicitations d’avoir atteint l’âge de retraite en bonne santé. J’y étais sincère car il m’avait l’air d’un revenant à son foyer après en avoir été longuement interdit.

Mes soucis à moi, surtout celui d’être obligé de prolonger ma peine ce jour-là d’encore huit longues heures de travail, s’étaient dissipés en voyant venir ma relève: Youssof. Je le voyais plutôt loup, mais il me sourit. Probablement en réponse à mes grimaces artificielles, d’où était né un réel éclatement quand je le vis marcher déséquilibré entre son sac, que la quantité de nourriture chaude ne laissait pas fermer, et une pastèque raturée de verdure.

La verdure de son acquisition ne pouvait laisser indifférent son instinct de…, je l’imaginais adroitement fier d’en avoir acheté deux. Il retourna certainement plus équilibré entre ces deux jarres d’eau délicieuse dont, encore essoufflé,  il cassa la première pour aiguiser la passion de sa progéniture. Bien sûre il en goûta le premier pour s’assurer de la bonne affaire.

A peine s’était-il descellé de ce poids, et après qu’il passa dire des souhaits au vieux Larbi,  mouillés de quelques hypocrites embrassades, qu’il se mit à recevoir les taquineries habituelles; son investissement renseignait comment il était décidé à durer dans l’usine. Ce jour-là, le départ de Ba Larbi condimentait les attaques. On lui invoqua sa famille laissée, mais lui, indifférent en réalité,  souriait de confiance; son absence est lucrative. Je le laissais tranquille entre-temps. Je ne lui permettais aucune intimité quoique l’imbécile me rappelait ma condition.

Je le menaça aussi vite en lui balançant quelques consigne de travail. Son indifférence changea en cette marque, qui ne m’était pas méconnue, d’un invincible et durable tressaillement. Pour me le cacher, son intelligence lui rappela d’aller signer l’entrée. Par habitude, il allait certainement marquer sa ligne d’état par les initiales HS : heures supplémentaires.
                                                                                                           S.ATLAS.

par Saïd ATLAS publié dans : Essais
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Mardi 10 juillet 2007

Je viens donc, en fin, après avoir longuement resisté au commun, à me réfugier dans cette plate forme. Avec un sentiment cyclique de déception et de courage de continuer malgré la perte, je laisse derière moi quelques reflexions propres. Tout finit par arriver, dit-on. Mon ancien blog s'est fait battu d'abord pas une série de commentaire bizzares avant que le signal d'erreur s'y installe comme une manchette.
C'est toujours le même plaisir alors qui m'anime à venir m'entretenir avec ma petite page à moi. Ce blog! celui-là! mobéira comme on obéit à un créateur. Je jure de m'y dire comme je me lis.

par Saïd ATLAS publié dans : Divers
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